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Société

Gilets jaunes : entre désespoir, révolte et violence

Toutes les révolutions sont violentes : 1789, Révolution américaine, Révolution bolchévique et même mai 68. Celle des gilets jaunes, si elle vise un changement de régime en France, ne déroge pas à la règle. Ce qui ne veut pas dire qu'elle est tolérable.

Les images de cet ancien champion de monde de boxe frappant des policiers, eux-mêmes proches au niveau salarial des gilets jaunes, a choqué. Mais contrairement à la caillera qui sévit en toute impunité dans les « quartiers difficiles », il s’est rendu à la police et s’est excusé. Le deux poids deux mesures entre les gilets jaunes d’une part (plus de 100 arrestations de gilets jaunes « violents ») et les voyous et autres fichés S en liberté d’autre part est patent.

La violence est éminemment condamnable mais le paradoxe et que sans violence, les manifestants n’obtiennent jamais rien. On le voit en Belgique où les dizaines d’actions syndicales qui ont eu lieu pendant le gouvernement Michel I n’ont pas fait dévier sa ligne d’un iota. La hausse du SMIC de 1.300 à 1.400 nets décidée par le Premier ministre français Edouard Philippe fait d’ailleurs suite à la mise à sac de Paris lors de l’acte I de la Révolte des Gilets jaunes. Il s’est agi le plus souvent d’ailleurs de casseurs venant des banlieues parisiennes.

Petit à petit, les échauffourées ont gagné les gilets jaunes eux-mêmes avec des agressions odieuses au domicile privé de marcheurs (députés La République en marche, le parti de Macron notamment) et au siège du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Çà et là, on a pu entendre des conspirationnistes proches d’Alain Soral clamer que « c’est la faute aux francs-maçons et aux Juifs » mais ce fut une minorité.

Emmanuel Macron, président depuis 18 mois, n’est pas responsable naturellement de tout. Mais il a commis le péché d’hubris (démesure grecque) et d’arrogance. Citons seulement cette scénette où, abordé par un passant chômeur à Paris, il lui dit « moi, je traverse la rue et en dix minutes je vous trouve un travail ». Juste après circulera en boucle sur les réseaux la fameuse photo où il enlace deux jeunes éphèbes antillais qui brandissent le doigt en l’air (allez vous faire foutre). Du coup, Jupiter a dégringolé de l’Olympe.

Chassés des centres urbains impayables et réservés aux bobos et aux riches, expulsés des cités immigrées où on vit dans la terreur, les Gilets jaunes se sont retranchés dans la ruralité des villes moyennes et des villages. Petite classe moyenne peu diplômée et ne parlant que le français, les gilets jaunes sont scandalisés par les valeurs d’ouverture des élites mondialisées des métropoles, bardées de diplômes, cosmopolites et polyglottes qui ne comprennent rien à la vie dans la ruralité et se meuvent en trottinette électrique. Dans les villages et les petites villes désertées par les services publics, on se demande pourquoi il faut payer seuls des impôts alors que les riches occupent les niches fiscales avantageuses et les immigrés sont des assistés sociaux en majorité.

Les gilets jaunes veulent plus qu’une baisse des carburants ou une hausse du Smic. Ils veulent un changement de République. Ils veulent récupérer la souveraineté populaire via des référendums d’initiative populaire à la Suisse grâce auxquels ils pourront modifier des lois et des arrêtés et même légiférer eux-mêmes sur divers sujets. Donner un blanc-seing à un président pendant 5 ans, c’est non. D’autant que pour être destitué, le président français doit « manquer grandement à ses obligations » (article 67 de la Constitution), une notion relativement vague qui nécessite un verdict de la Haute Cour compétente pour haute trahison.

Cette révolte couve depuis au moins 20 ans, depuis que les Zemmour et Cie avaient prévu la guerre civile. Emmanuel Macron, avec sa faconde technocratique, n’en est que le catalyseur. Comme Louis XVI, il paie pour les autres.

image Rédaction InfoBelge

RÉDACTION INFOBELGE
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