Logo infobelge
Newsletter

 

Opinion

Un gouvernement d’emblée sans N-VA et sans PS, déni démocratique?

Si les électeurs portent, au mois de mai, la N-VA et le PS, respectivement comme premier et deuxième parti de Belgique, l’idée de les reléguer d’emblée dans l’opposition via par exemple une tripartite bleu-vert-orange relève d’une forme de déni démocratique. L'électeur est roi.

 

Certes, on voit mal un attelage PS/N-VA s’entendre comme larrons en foire. La dernière tentative a débouché sur 540 jours sans gouvernement, une forme de shutdown comme le souligne le Premier ministre en Affaires courantes, Charles Michel.

Certes aussi, l’obsession confédéraliste de la N-VA n’est pas majoritairement soutenue ni par les Belges bien sûr mais pas même par les Flamands. Même les électeurs de la N-VA ne sont pas tous confédéralistes. Une part importante soutient la politique anti-migrant du parti de Bart De Wever, sa politique économique libérale et l’espoir d’un maximum de compétences pour la Flandre dans un contexte d’Etat fédéral le plus poussé possible. Mais la majorité des Flamands se prononce contre l’aventure confédéraliste et encore plus l’indépendance de la Flandre.

Certes encore, le retour du PS au gouvernement fédéral réduirait rapidement à néant les réformes et l’esprit de la politique du gouvernement Michel I tant en matière économique que migratoire. Sur ce dernier point, le clientélisme referait immédiatement son apparition et le PS ne manquerait pas de repartir dans un cycle migratoire qu’on a connu entre 2000 et 2013 avec l’arrivée d’environ 1,2 million d’immigrés dans notre pays. Notamment, l’espoir de resserrer les conditions du regroupement familial (responsable, rappelons-le, d’environ 50% des entrées migratoires) s’évanouirait, d’autant plus si le PS s’alliait aux écologistes et à la famille chrétienne.

Cependant, reléguer d’emblée les deux principaux partis belges potentiels (si le résultat des élections le confirme) dans l’opposition relève d’une certaine forme de déni démocratique. Cela participe également de cette manie belge qui veut qu’on constitue les alliances avant ou après les élections dans le mépris de l’électeur.

Laissons donc l’électeur s’exprimer librement en mai prochain et former un gouvernement au plus près de ses aspirations plutôt que rêver d’emblée à une alliance entre libéraux, écolos et démocrates-chrétiens qui, dans les derniers sondages, n’atteignait d’ailleurs pas la majorité des sièges au Parlement...

image Rédaction InfoBelge

RÉDACTION INFOBELGE
InfoBelge.com