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Europe

Le Brexit devient une farce

Le gouvernement britannique veut négocier un temps supplémentaire avec l’Union européenne afin de convaincre les députés britanniques de voter le Brexit. La sortie de la Grande-Bretagne devient une farce. Le no-deal se rapproche à nouveau. 

 

La Grande-Bretagne va-t-elle enfin sortir de l’Union européenne ? Par la porte ou par la fenêtre ? Sans accord, avec un nouvel accord ? Ou va-t-elle décider finalement de rester dans l’UE ?

Alors que le Brexit devait être une réalité le 29 mars prochain, le pays de Sa Majesté entretient le flou artistique sur la manière de sortir de l’Union alors que son parlement a rejeté massivement le 15 janvier dernier l’accord négocié pendant plus d’un an par Theresa May, la première ministre.

Les Britanniques sont les champions de la négociation mais celle-ci achoppe essentiellement sur la question de l’Irlande : comment des marchandises pourraient-elles se glisser sans contrôle à travers la frontière avec l’Irlande du Nord dès que celle-ci sera sortie de l’UE ? La GB veut éviter tout retour de frontière « physique » entre les deux Irlande qui pourrait même ranimer le conflit entre protestants et catholiques.

NO-DEAL

Faute d’accord ce mercredi, le Parlement devait voter jeudi sur la suite à donner au Brexit. Sans vote d’ici le 27/02, une nouvelle motion sera déposée. En attendant, en cas de no-deal, 600.000 emplois pourraient disparaître dans le monde.

Rappelons que la GB et l’UE ont négocié cet accord durant toute l’année 2017 et 2018, mobilisant une partie importante des fonctionnaires européens et la totalité de l’emploi du temps de Michel Barnier et de sa Task Force « article 50 ». Celle-ci a démarré avec 30 collaborateurs pour finir avec 60 personnes, des experts hommes et femmes à parité exacte dont l’âge moyen est de 37 ans. 16 nationalités composent l’équipe dont de nombreux Belges.

En face, Theresa May ne s’entoure que des quelques personnes.

C’est en octobre 2016 qu’elle fixe ses conditions : retrait total du marché unique et de l'Union douanière, contrôle de l'immigration intra-européenne et fin de la compétence de la Cour de justice. Alors que pour l’UE, l'intégrité du marché unique et l'indivisibilité des quatre libertés (libre circulation des personnes, marchandises, capitaux et services) est non-négociable.

En mars 2017, May consent enfin à envoyer sa demande de divorce par une lettre de 6 pages à l’Union européenne. Elle confirme qu’elle sortira de l’Union douanière. Ce qui nécessite de rétablir des douaniers sur 200 postes-frontières entre l’Irlande du Nord et l’Irlande. On en discute encore aujourd’hui… Le 18 avril elle convoque des élections anticipées espérant avoir un Parlement pro-Brexit. Ce sera un fiasco.

QUINTE DE TOUX

Mi-septembre 2017, May nomme Olly Robbins pour conduire les négociations. Le négociateur précédent David Davis, ne fera plus que de la figuration. May opte pour un Brexit doux, réaffirmant à Florence l’ancrage européen de la GB.

Le 5 octobre, c’est la fameuse scène de la quinte de toux où May, devant les siens, tousse pendant un petit quart d’heure alors que plusieurs éléments du pupitre se désagrègent.

Le 7 décembre, un document de 15 pages est enfin scellé pour être envoyé à Barnier et Juncker, le président de la Commission. C’est le « Joint Report ». Les négociations sont censées enfin démarrer. Le lendemain, en pleine réunion avec Barnier et Juncker, May s’éclipse. Elle doit rentrer dare-dare en GB car le DUP (parti nord-irlandais de 10 députés indispensable à sa majorité) rejette le Joint Report. Le 11 décembre, May préférer manger du pudding au 10 Downing Street plutôt que de venir à Bruxelles.  Sans la Commission, le Conseil européen ne peut pas signer le texte. Il finit par le faire une semaine plus tard. Mais la note de 15 pages doit être complétée. Elle en comptera finalement 600.

PLAN CHEQUERS

En juillet 2018, May propose le « plan de Chequers » dans lequel la GB reste dans l’union douanière uniquement pour les biens, sans les services. Plus besoin d’une frontière entre les deux Irlande. Son plan est rejeté. Le 19 septembre 2018, les 27 inventent le backstop pour empêcher la GB de devenir un paradis fiscal. La GB reste dans l’union douanière et l’Irlande du Nord se retrouve lié encore plus aux réglementations européennes.

En ce mois de février 2019, la saga (la farce) continue, pendue au problème du backstop. Theresa May veut toujours éviter toute frontière physique entre les Irlande. Elle est soutenue en cela par son parlement mais l’UE ne veut pas en entendre parler. Les 27 ne veulent pas renégocier…  Le Plan « l’UE se prépare à un no-deal » est remis en selle. La farce continue… Mais pour les europhiles, c’est une victoire : sortir de l’Union européenne relève de la mission impossible. Ce n’est pas demain qu’un des 27 tentera l’aventure…

 

image Rédaction InfoBelge

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