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Opinion

Repentance : cessons d'agiter des cadavres !


Jamais en retard d'un combat douteux, les Nations Unies suggèrent à la Belgique de présenter ses excuses au Congo pour la colonisation.

L’histoire est ce qu’elle est, enluminée du génie de l’homme, émaillée et constellée d’horreurs.

Qui ne voit que la “repentance” d'une époque à l'autre, à des siècles d’intervalle, est dénuée de sens ?

Car, pourquoi s’arrêter aux crimes d’une époque, en oubliant ceux des époques précédentes ?

Quel sens y a-t-il à réduire une époque à ses crimes ?

Qui ne voit que, une repentance en appelant d'autres, nous nous condamnons à recuire de vielles haines qu'on pouvait croire éteintes ?

La colonisation se voulait un acte de civilisation et de progrès, ce qu’elle fut en partie; et nombre de colons européens étaient idéalistes.

Et puis il y eut des crimes, des meurtres, des calculs sordides, de la rapine. Tout cela est vrai.

Mais on ne va pas demander aux Perses de s’excuser pour l’invasion de la Grèce. Ni aux Arabo-musulmans de nous supplier de les pardonner pour l'occupation, souvent cruelle, de l'Andalousie espagnole.

Laissons reposer les morts. Cessons de nous figurer que nous faisons de la morale en agitant des cadavres.

Dans ses "Réflexions sur la question juive", Sartre montre que l’antisémitisme repose sur deux catégories erronées : la responsabilité collective, et la responsabilité à travers les âges.

Ce sont les mêmes catégories qui sont à l’œuvre dans cette “repentance” moralement dénuée de signification.

 

DRIEU GODEFRIDI